8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 04:35


Avez-vous déjà lu ces détails sur les boîtes des médicaments vétérinaires : temps d'attente viande, abats, lait et/ou œuf ? Savez-vous ce que cela signifie ? Plongeons dans les mystères des indications portées sur les médicaments vétérinaires.


Que ce soit un vaccin, un vermifuge ou un produit prescrit par votre vétérinaire, la mention temps d'attente est toujours portée. Cette mention donne un nombre de jours ou est signalée comme indéterminée. Elle précise parfois « lait », « viande », « abats » ou « œuf ».


Ce nombre de jours, c'est le délai pendant lequel on retrouve des molécules directement ou indirectement issues du médicament dans les différents constituants de l'organisme.


Prenons un exemple pour y voir plus clair :


La solution injectable de CEMAVEC© Bovins ovins présente sur son emballage et dans sa notice les mentions suivantes (plus ou moins résumées) :


Temps d'attente

Bovins
Viande et abats : 49 jours.
Lait : Ne pas utiliser chez les vaches laitières dont le lait est destiné à la consommation humaine ni chez les vaches laitières hors lactation dans les 60 jours précédant la mise bas.

Ovins
Viande et abats : 42 jours.
Lait : Ne pas utiliser chez les brebis laitières dont le lait est destiné à la consommation humaine ni chez les brebis laitières hors lactation dans les 60 jours précédant la mise bas.


Les données ci-dessus sont tirées du rcp (résumé des caractéristiques) du produit CEVAMEC© Bovins ovins.


On peut traduire ces données par :


  • Il faut attendre 49 jours avant d'abattre un bovin et 42 jours pour un ovin pour consommer leur viande et leurs abats. Mais au-delà des 49 ou 42 jours, cette consommation est sans risque.

  • Pour le lait, on voit qu'il n'existe pas de délai après lequel on pourra de nouveau consommer le lait si la femelle traitée est déjà en période de production. Par contre, si on traite jusqu'à maximum 60 jours avant la mise-bas, on pourra consommer ce lait sans danger car le produit n'ira pas dans le lait.


C'est le même système pour les œufs.


Il est donc primordial quand on souhaite consommer la viande, les abats, le lait ou les œufs d'un animal de lire ces mentions de « temps d'attente » et d'en tenir compte au risque sinon de consommer un produit contaminé.


Quel rapport avec l'autorisation de mise sur le marché ? AMM pour les intimes.


L'AMM donne au fabricant le droit de vendre un produit avec pour cible les animaux concernés par l'autorisation. Les indications fournies ne seront donc données que pour les animaux concernés, y compris en ce qui concerne les temps d'attente.


Mais si on prend le cas d'un producteur de lait de chèvre qui donnerait le vermifuge cité un peu plus haut. Le temps d'attente est spécifié pour les bovins et les ovins mais pas pour les caprins. En l'absence de ces données, on considère qu'il existe un risque raisonnable d'erreur dans l'appréciation du délai. Du coup, le producteur, s'il donne ce produit ne pourra pas commercialiser son lait de chèvre car il sera considéré comme potentiellement contaminé par le CEVAMEC© Bovins ovins même 3 ans plus tard...


Mais cette mention n'a pas seulement d'intérêt pour les producteurs ou les particuliers souhaitant profiter de la viande, des abats, du lait ou des œufs de leur petit ou grand élevage... il concerne aussi tous les éleveurs amateurs ou professionnels qui font reproduire des animaux dits de rente.


En effet, sans même vouloir consommer le lait, un poulain, un chevreau, un agneau ou un veau va consommer le lait de sa mère. Et une poule d'ornement va donner des poussins grâce à ses œufs.


Et bien, pour tout ces cas, le temps d'attente vous permettra d'être sûr que le danger est écarté ou non.


Vermifuger une poule et se retrouver avec une grosse mortalité dans les coquilles, avoir un poulain qui s'intoxique quelques heures après sa naissance... tout ça peut être évité grâce à ces quelques mentions si on les raisonne.


Il faudra donc respecter ces temps d'attente dans la mesure du possible pour ne pas avoir de répercussion sur la gestation, la lactation ou la ponte des animaux.


Cet article ne concerne pas tous les animaux dont on ne consomme pas la viande, les abats ou le lait : le chat, le chien, le furet, la souris, le hamster...


Il ne concerne pas non plus tous les animaux qui, à cause de leur rareté ou de leur nombre restreint ne constitue pas un enjeu économique tel, que les laboratoires investissent dans des AMM. Ce qui limite beaucoup voire rend impossible l'utilisation des médicaments vétérinaires pour ces élevages : les chèvres, les autruches, les bisons et les cervidés sont notamment concernés.


A bientôt,

Anne

Pharmacie vétérinaire dans un élevage équin - copyright : techniques d'élevage

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Par l'équipe de techniques d'élevage Anne Cat et François - dans Pharmacie

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